Thèse 56 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence
Thèse 56 de La Société du spectacle
« Mais selon leur réalité effective de secteurs particuliers, la vérité de leur particularité réside dans le système universel qui les contient : dans le mouvement unique qui a fait de la planète son champ, le capitalisme. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 56. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
Les luttes de pouvoirs qui se sont constitués pour la gestion du même système socio-économique se déploient comme contradiction officielle, mais elles appartiennent en fait à l'unité réelle, à l'échelle mondiale. Ce que la thèse énonce, c'est le principe de lecture de toute la guerre froide : les blocs qui se disent adversaires sont des secteurs particuliers d'un système universel, et la vérité de leur particularité réside dans ce qui les contient tous — le mouvement unique qui a fait de la planète son champ, le capitalisme. Le spectacle de l'affrontement cache la participation au même monde.
II D'où elle vient
L'analyse du capitalisme comme mouvement mondial est celle de Marx dès le Manifeste ; l'idée que le bloc de l'Est en est une variante bureaucratique, et non une alternative, vient de la gauche communiste et de Socialisme ou Barbarie, que Debord a fréquenté en 1960-1961. La thèse fait la jonction entre ce marxisme hétérodoxe et la théorie du spectacle : la division Est-Ouest est un spectacle de division.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 57 en tire la conséquence pour les régions sous-développées, dominées en tant que société du spectacle ; le chapitre IV, à partir de la thèse 73, racontera comment le mouvement ouvrier a produit lui-même l'une des deux faces de cette unité.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier unité, avec 22 autres.
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