Thèse 71 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence
Thèse 71 de La Société du spectacle
Un dogmatisme condamné au mouvement
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I Ce qu'elle pose
La thèse, très brève, formule une contradiction interne du spectacle. Tout ce qu'il présente comme éternel repose en réalité sur une base économique qui se transforme sans arrêt, et il doit donc se transformer avec elle. Il affirme sans réplique possible, sur le ton du dogme, mais il n'arrive jamais à fixer un dogme qui tienne. Le mouvement perpétuel est à la fois sa condition naturelle et ce qui contrarie le plus son penchant : il voudrait l'immobilité, et ne peut exister qu'en changeant.
II D'où elle vient
Elle condense les thèses 69 et 70, sur la mode des objets et la chute des idoles, en une formule générale. La dernière phrase de la thèse 62 disait déjà que la jeunesse appartient au système économique, fait de choses qui se chassent les unes les autres. On peut y entendre aussi le Manifeste, où la bourgeoisie ne peut exister sans bouleverser constamment les instruments de production, mais la thèse ne cite pas Marx.
III Ce qu'elle ouvre
Cette tension entre immobilité voulue et changement subi annonce les chapitres V et VI : le temps irréversible que produit l'économie et le temps pseudo-cyclique de la consommation. Au chapitre IX, la thèse 214 parlera du spectacle comme d'une non-histoire immobilisée, l'autre face de ce mouvement perpétuel.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.
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