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Thèse 57 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence

Thèse 57 de La Société du spectacle

« La société porteuse du spectacle ne domine pas seulement par son hégémonie économique les régions sous-développées. Elle les domine en tant que société du spectacle. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 57. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La société porteuse du spectacle ne domine pas seulement par son hégémonie économique les régions sous-développées : elle les domine en tant que société du spectacle. Là où la base matérielle est encore absente, la société moderne a déjà envahi spectaculairement la surface sociale de chaque continent. Elle définit le programme d'une classe dirigeante et préside à sa constitution ; elle présente des pseudo-biens à désirer, et propose aux révolutionnaires locaux les faux modèles de révolution. Le spectacle précède l'économie qui le produit, et il la prépare.

II D'où elle vient

C'est une théorie de l'impérialisme sans le mot, dirigée contre les enthousiasmes tiers-mondistes de la gauche française des années soixante : le spectacle propre du pouvoir bureaucratique — la Chine, Cuba — n'exporte pas la révolution mais un modèle de pouvoir. La thèse fait écho à ce que la revue écrivait sur l'Algérie et sur la décolonisation, et à la lecture que Lénine faisait déjà de l'exportation du capital — retournée contre les régimes qui s'en réclament.

III Ce qu'elle ouvre

Les thèses 64 et 65 distingueront les deux formes du spectacle que les régions sous-développées reçoivent en modèle ; la thèse 13 avait dit que le soleil du spectacle ne se couche jamais — cette thèse en donne la géographie.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.

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