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Thèse 59 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence

Thèse 59 de La Société du spectacle

La banalité sous la diversité, et la révolte vendue

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I Ce qu'elle pose

La thèse décrit un mouvement d'uniformisation qui gagne la société entière, y compris là où l'abondance semble multiplier les rôles possibles et les objets à choisir : la variété n'est qu'en surface. Deux alliances paradoxales en découlent. D'un côté, la vieille morale, portée par la religion et par la famille, par qui le pouvoir de classe se transmet encore, s'accorde très bien avec l'éloge bruyant du plaisir, parce que ce plaisir fabriqué contient déjà la contrainte. De l'autre, le consentement satisfait et la révolte de façade vont ensemble : l'économie abondante a appris à produire et à vendre l'insatisfaction elle-même.

II D'où elle vient

Elle prolonge la thèse 57, où la société moderne offre aux révolutionnaires locaux des modèles préfabriqués, et la thèse 47, sur la survie augmentée. Le mot de banalisation reprend un thème constant de la revue, qui décrivait la vie quotidienne comme colonisée par le banal. L'idée d'un plaisir qui contient sa propre contrainte est proche de ce que Marcuse appelait alors la désublimation répressive, mais la thèse ne le nomme pas.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 60 part de cette banalité pour définir la vedette, qui la concentre en une image. La thèse 62 opposera la jeunesse et les adultes, rôle fallacieux par excellence. Et la révolte transformée en marchandise annonce ce que le livre dira de la contestation récupérée, jusqu'à la thèse 220.

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