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Thèse 58 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence

Thèse 58 de La Société du spectacle

Qui mène la répartition mondiale des rôles

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I Ce qu'elle pose

La thèse 57 avait parlé d'une répartition mondiale des tâches spectaculaires. Celle-ci précise qu'elle n'est pas égale : en préservant l'ordre existant dans son ensemble, elle préserve d'abord le pôle le plus avancé. Le spectacle a sa racine dans l'abondance marchande, et c'est de là que partent les produits qui finissent par l'emporter partout. Les régimes qui prétendent vivre en circuit fermé, avec leur propre spectacle défendu par la censure et la police, ne tiennent pas : leurs barrières sont des douanes idéologiques, et les marchandises de l'économie abondante finissent par les franchir.

II D'où elle vient

Elle corrige ce que la thèse 57 pouvait laisser croire, une symétrie entre les deux spectacles. L'image végétale, racine, terrain et fruits, rattache le spectacle à sa base économique, comme la thèse 42 l'avait fait en posant qu'avec lui la marchandise finit par occuper toute la vie sociale. On peut reconnaître, dans le spectacle local qui se voudrait autarcique, le bloc de l'Est et la Chine, mais la thèse ne les nomme pas.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 64 rattachera le spectaculaire concentré au capitalisme bureaucratique et aux économies moins développées ; la thèse 65 décrira le diffus, forme propre de l'abondance. La hiérarchie posée ici éclaire ce que diront les Commentaires de 1988, quand les deux formes se seront fondues en une troisième.

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