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Thèse 64 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence

Thèse 64 de La Société du spectacle

« Là où domine le spectaculaire concentré domine aussi la police. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 64. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le spectaculaire concentré appartient essentiellement au capitalisme bureaucratique — mais il peut aussi être importé comme technique du pouvoir étatique dans des économies mixtes plus arriérées, ou dans certains moments de crise du capitalisme avancé. La propriété bureaucratique est elle-même concentrée : le bureaucrate individuel n'a de rapport à la possession de l'économie globale que par l'intermédiaire de la communauté bureaucratique, en tant que membre de cette communauté. Il faut donc que cette communauté se montre en une seule personne, le chef, vedette absolue ; et parce que cette image doit être imposée à tous, là où domine le spectaculaire concentré domine aussi la police.

II D'où elle vient

L'analyse de la bureaucratie comme classe propriétaire par l'intermédiaire de l'État vient de la gauche communiste et de Socialisme ou Barbarie ; le portrait du chef comme vedette absolue vise Staline et Mao, mais aussi les fascismes. Debord ajoute la conséquence spectaculaire : une propriété qui ne peut se montrer qu'en une personne doit être défendue par la terreur, parce que sa vedette est la seule qu'on ait le droit d'admirer.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 65 décrit la forme opposée, le spectaculaire diffus de l'abondance marchande ; en 1988, les Commentaires annonceront que les deux ont fusionné en spectaculaire intégré, où le secret et la police du concentré passent dans le diffus.

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