Thèse 70 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence
Thèse 70 de La Société du spectacle
Ce qui se remplace s'accuse soi-même
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I Ce qu'elle pose
Une satisfaction truquée finit par avouer sa fraude du seul fait qu'elle doit sans cesse être remplacée, au rythme des produits et des conditions de production. Ce qui se proclamait parfait pour toujours change pourtant, et cela vaut pour les deux formes du spectacle : seul le système doit durer. D'où un parallèle volontairement sacrilège, Staline et le produit passé de mode, désavoués l'un et l'autre par ceux qui les avaient imposés. Chaque publicité nouvelle reconnaît que la précédente mentait. Et quand une idole du pouvoir totalitaire tombe, on découvre que l'unanimité qui l'entourait n'était qu'une addition d'isolés qui n'y croyaient plus.
II D'où elle vient
Elle généralise la thèse 69, où chaque objet déçoit et cède la place au suivant, et l'étend au spectaculaire concentré de la thèse 64, dont le chef est la vedette absolue. La dénonciation de Staline par ses héritiers vise la déstalinisation ouverte en 1956 ; la thèse 61 avait déjà montré Khrouchtchev occupé à se fabriquer une gloire militaire.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 71 tire la leçon abstraite de ces remplacements : le spectacle se veut éternel et ne vit que de changement. La communauté illusoire qui se défait annonce la thèse 72, où l'unité proclamée apparaît comme le masque d'une division de classe, et les thèses 217 et 218 sur une société où personne ne rencontre plus personne.
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