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Thèse 69 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence

Thèse 69 de La Société du spectacle

L'objet élu, puis déchu

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I Ce qu'elle pose

L'unité heureuse que promet la consommation ne supprime pas la division réelle : elle la met entre parenthèses jusqu'à la prochaine déception. Chaque nouveau produit est présenté avec solennité comme celui qui ouvrira enfin l'accès au bonheur complet. Mais pour être proposé à l'adoration de tous, il a dû être fabriqué en série ; son prestige ne tient qu'à la place centrale qu'on lui a donnée pour un temps. Ainsi des prénoms à la mode, distingués en apparence, que toute une génération finit par porter. L'objet perd son éclat au moment où il entre chez l'acheteur, puisqu'il entre en même temps chez tous les autres, et un autre a déjà pris sa place.

II D'où elle vient

Elle reprend la figure du bonheur unifié posée à la thèse 63 et la fait passer de la politique à la consommation. Le produit qui se donne comme unique alors qu'il est produit en masse prolonge la thèse 67, où l'on vénère la marchandise en tant que telle ; la pauvreté qu'il révèle trop tard renvoie à la baisse de la valeur d'usage de la thèse 47.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 70 généralise ce remplacement à tout ce que le spectacle a présenté comme définitif, marchandises et dirigeants. Le chapitre VI retrouvera ce rythme dans le temps pseudo-cyclique, où la vie elle-même est vendue par tranches successives de nouveauté, aux thèses 152 et 153.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte