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Thèse 72 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence

Thèse 72 de La Société du spectacle

« L’unité irréelle que proclame le spectacle est le masque de la division de classe sur laquelle repose l’unité réelle du mode de production capitaliste. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 72. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La dernière thèse du chapitre III ferme la boucle ouverte à la thèse 54 : l'unité irréelle que proclame le spectacle est le masque de la division de classe sur laquelle repose l'unité réelle du mode de production capitaliste. Ce qui oblige les producteurs à participer à l'édification du monde est aussi ce qui les en écarte. Ce qui met en relation les hommes affranchis de leurs limitations locales et nationales est aussi ce qui les éloigne les uns des autres. Ce qui oblige à l'approfondissement du rationnel est aussi ce qui nourrit l'irrationnel de l'exploitation hiérarchique et de la répression. Ce qui fait le pouvoir abstrait de la société fait sa non-liberté concrète.

II D'où elle vient

La construction en anaphore — « ce qui… est aussi ce qui… » — reprend celle du Manifeste sur la bourgeoisie révolutionnaire et destructrice, et celle des Manuscrits de 1844 sur le travail qui enrichit et appauvrit. Le contenu est celui de Lukács : la rationalisation capitaliste produit à la fois l'unité du monde et l'irrationalité de son ensemble. Debord y ajoute le mot de masque, qui fait de l'unité proclamée un spectacle.

III Ce qu'elle ouvre

Le chapitre IV, dès la thèse 73, entre dans l'histoire : comment le prolétariat, sujet possible de l'unité réelle, a été remplacé par ses représentations. La thèse 29 avait dit que le spectacle réunit le séparé en tant que séparé ; celle-ci en donne la version de classe.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier unité, avec 22 autres.

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