Thèse 73 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 73 de La Société du spectacle
« Le développement des forces productives a fait éclater les anciens rapports de production, et tout ordre statique tombe en poussière. Tout ce qui était absolu devient historique. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 73. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
Le chapitre IV, le plus long du livre, s'ouvre sur l'histoire devenue maîtresse de la société. Depuis que la bourgeoisie a gagné la partie dans l'économie, et plus encore depuis qu'elle a converti ce gain en pouvoir politique, c'est un mouvement de transformation continue qui mène le monde : rien ne tient plus par la seule force de la tradition. La croissance des forces productives a brisé les rapports anciens, et aucun ordre fixe ne résiste. La dernière phrase, reprise dans la citation, en tire la leçon : les absolus d'hier se révèlent des produits du temps. C'est le sol du chapitre : l'histoire n'est plus ce qui arrive aux hommes, elle est ce qu'ils font — et le prolétariat est le nom de ceux qui pourraient la faire entièrement. L'exergue, tiré de l'enquête parlementaire sur la Commune, montre déjà la peur que ce sujet inspire à l'ordre qu'il menace.
II D'où elle vient
« Le mouvement réel qui supprime les conditions existantes » est la définition du communisme dans L'Idéologie allemande de Marx et Engels ; la suite condense le Manifeste, où tout ce qui était solide se dissout. Debord ouvre son chapitre politique en marxiste, avant de retourner le marxisme contre ce qu'il est devenu.
III Ce qu'elle ouvre
Les thèses suivantes retracent la pensée de l'histoire chez Hegel puis chez Marx ; la thèse 87 dira ce que le schéma linéaire de l'histoire fait perdre de vue, et la thèse 88 ce qui distingue la bourgeoisie du prolétariat comme classes révolutionnaires.
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