Thèse 13 · chapitre I, La séparation achevée
Thèse 13 de La Société du spectacle
« Il est le soleil qui ne se couche jamais sur l’empire de la passivité moderne. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 13. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
La thèse part d'un constat logique : le spectacle tourne en rond, parce qu'il n'a pas d'autre but que les moyens par lesquels il existe. Puis elle passe à l'image impériale de la citation, et la prolonge : il couvre la terre entière et s'y admire sans fin. Ce n'est pas seulement une métaphore. Elle dit que le spectacle n'a pas d'extérieur, qu'aucune région du monde ni de la vie ne lui échappe, et qu'il ne vise rien d'autre que sa propre continuation.
II D'où elle vient
La formule du soleil toujours levé sur un empire est attribuée à l'empire de Charles Quint, puis à l'empire britannique. Debord la détourne au profit d'un empire sans territoire, celui de la passivité : le spectacle règne partout parce que partout on le regarde. Un pouvoir qui se complaît sans fin dans son propre éclat rappelle aussi la critique de la religion, où le divin n'est que l'homme qui se contemple lui-même.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 57 dira que la société qui porte le spectacle ne tient pas les régions sous-développées par sa seule économie, mais aussi par ce qu'elle leur montre — le soleil ne se couche pas non plus sur elles. Le chapitre VII décrira l'espace qu'elle a unifié.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 71 autres.
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