Thèse 108 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 108 de La Société du spectacle
Le passé livré à la police, et son prix
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I Ce qu'elle pose
Quand l'idéologie partielle, armée du pouvoir absolu, devient mensonge total, ce n'est plus seulement la pensée de l'histoire qui disparaît, mais la simple connaissance des faits passés. La société bureaucratique vit dans un présent sans fin où le passé n'est qu'un terrain ouvert à la police, qui en modifie le sens et jusqu'aux événements. Mais une société industrielle a besoin de calcul rationnel : en renonçant à la réalité, la bureaucratie se prive de l'instrument que le capitalisme garde. De là son infériorité, dans l'agriculture comme dans l'industrie planifiée sur des chiffres faux.
II D'où elle vient
Le texte nomme Napoléon, dont le projet de gouverner les souvenirs trouve ici, selon Debord, sa réalisation totale, et l'affaire Lyssenko, la biologie officielle qui a coûté cher à l'agriculture soviétique. La thèse prolonge la thèse 105, où l'idéologie transformait la perception par la police, et renoue avec l'ouverture du chapitre (thèses 73 à 80) : la pensée de l'histoire était ce que le prolétariat devait sauver.
III Ce qu'elle ouvre
Le présent perpétuel annonce le chapitre VI, où le spectacle en général devient fausse conscience du temps (thèse 158). La perte de la mémoire historique sera, dans les Commentaires de 1988, un trait du spectaculaire intégré. La thèse 110 reprendra l'infériorité économique de la bureaucratie.
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