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Thèse 117 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation

Thèse 117 de La Société du spectacle

« Dans le pouvoir des Conseils, qui doit supplanter internationalement tout autre pouvoir, le mouvement prolétarien est son propre produit, et ce produit est le producteur même. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 117. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La thèse pose la forme d'organisation que le chapitre entier prépare. Dans le pouvoir des conseils — qui doit supplanter internationalement tout autre pouvoir — le mouvement prolétarien est son propre produit, et ce produit est le producteur même. Autrement dit : le conseil est la seule organisation où ceux qui agissent ne délèguent pas leur action, où le pouvoir n'est pas séparé de ceux qui l'exercent. Le conseil est l'anti-spectacle : la vie qui ne se regarde pas faire, mais se fait ; et son but est lui-même, le producteur enfin propriétaire de son activité.

II D'où elle vient

L'histoire des conseils est celle que Debord a lue chez Anton Pannekoek et dans Socialisme ou Barbarie : les soviets de 1905 et 1917, les conseils allemands de 1919, les collectivités espagnoles de 1936, les conseils hongrois de 1956. « Ce produit est le producteur même » est un retournement de la définition marxienne du travail aliéné, où le produit se dresse contre le producteur : dans le conseil, la boucle se referme.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 118 dira que ce pouvoir des conseils est « le seul point invaincu du mouvement vaincu » ; la thèse 121 fixera ce qu'est l'organisation révolutionnaire qui y mène — une critique unitaire, qui ne pactise avec aucun pouvoir séparé.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier conseils, avec 24 autres.

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