Thèse 202 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture
Thèse 202 de La Société du spectacle
Juger une pensée par ce qui la produit
Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 202.
I Ce qu'elle pose
Pour comprendre les catégories du structuralisme, il faut les traiter comme toute catégorie sociale : elles traduisent des manières d'exister et les conditions de cette existence. On ne croit pas une société sur ce qu'elle dit d'elle-même, pas plus qu'on ne juge quelqu'un sur l'idée qu'il se fait de lui. Debord renverse alors le rapport : la structure est engendrée par le pouvoir en place, et le structuralisme est la pensée que l'État cautionne. S'il étudie les codes pour eux-mêmes, c'est qu'il vit dans une société où communiquer revient à transmettre des ordres de haut en bas ; ce n'est pas lui qui prouve le spectacle, c'est le spectacle qui lui donne raison.
II D'où elle vient
La thèse cite, sans le nommer, la préface de Marx à la Contribution à la critique de l'économie politique (1859), où l'on ne juge ni un individu ni une époque de bouleversement sur la conscience qu'ils ont d'eux-mêmes. La communication entre guillemets reprend la thèse 24 et la 195 sur le langage sans réponse.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 203 retourne l'arme contre Debord lui-même : son propre concept de spectacle peut devenir une formule creuse. La 204 opposera à la science du code un langage de la contradiction, et la 212 définira l'idéologie comme la pensée propre à une société divisée en classes.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 25 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte