Thèse 31 · chapitre I, La séparation achevée
Thèse 31 de La Société du spectacle
Le produit qui revient comme dépossession
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I Ce qu'elle pose
La thèse revient du spectateur au travailleur. Ce que celui-ci fabrique ne le fait pas grandir : cela s'ajoute à une puissance qui lui fait face. Plus la production réussit, plus elle lui revient sous la forme de ce dont il est privé. Avec ses produits accumulés, c'est le cadre même de sa vie, ses heures et ses lieux, qui lui devient étranger. Le spectacle est la représentation de ce monde nouveau, une représentation si complète qu'elle coïncide avec lui. Et ce qui nous a été retiré ne se cache pas : il s'expose à nous, avec toute sa force.
II D'où elle vient
Le premier mouvement rappelle l'analyse du travail aliéné dans les Manuscrits de 1844 de Marx, où l'objet produit se dresse devant l'ouvrier comme une puissance autonome. La figure d'une carte qui recouvre tout son territoire fait souvent penser à la courte fable de Borges sur la carte de l'Empire. Elle suit aussi la thèse 30, où le spectateur n'est plus nulle part chez soi.
III Ce qu'elle ouvre
L'étrangeté du temps et de l'espace annonce deux chapitres : le temps spectaculaire, chapitre VI, et l'aménagement du territoire, chapitre VII, qui s'ouvre à la thèse 165 sur l'espace unifié par la production. Les thèses 32 et 33 resserrent la même loi sur l'aliénation.
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