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Thèse 26 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 26 de La Société du spectacle

« La réussite du système économique de la séparation est la prolétarisation du monde. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 26. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Avec la séparation généralisée du travailleur et de son produit, se perd tout point de vue unitaire sur l'activité accomplie, toute communication personnelle directe entre les producteurs. Le spectacle est la carte de ce nouveau monde, une carte qui recouvre exactement son territoire. Les forces mêmes qui nous ont échappé se montrent à nous dans toute leur puissance. La phrase finale renverse une évidence : le triomphe de l'économie n'a pas aboli le prolétariat, il l'a étendu à tout le monde — quiconque a perdu le pouvoir sur l'emploi de sa vie.

II D'où elle vient

La séparation du travailleur et de son produit est la définition marxienne de l'aliénation dans les Manuscrits de 1844 ; la « prolétarisation du monde » retourne le Manifeste, où la bourgeoisie crée ses propres fossoyeurs. L'image de la carte qui recouvre le territoire vient de Borges, que Debord lisait ; elle sera reprise, sans lui, par toute la théorie de la simulation des années quatre-vingt.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 114, au chapitre IV, redéfinira le prolétariat en ces termes : l'immense majorité de ceux qui ont perdu tout pouvoir sur l'emploi de leur vie. Et le chapitre VII décrira l'espace de ce monde prolétarisé, l'urbanisme.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier urbanisme, avec 34 autres.

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