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Thèse 33 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 33 de La Société du spectacle

Plus il produit sa vie, plus elle lui échappe

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I Ce qu'elle pose

L'avant-dernière thèse du chapitre ramène toute l'analyse à un seul individu. L'homme coupé de ce qu'il fabrique fabrique pourtant, avec des moyens toujours plus puissants, chaque détail du monde où il vit. Le paradoxe est là : plus son monde est son œuvre, plus il lui est étranger. La seconde phrase pousse le même raisonnement de la chose à la vie elle-même : l'existence est devenue un produit, et c'est justement pour cela qu'elle échappe à celui qui la mène. La proportion est stricte, chaque gain de puissance est un gain de séparation.

II D'où elle vient

Elle condense les thèses 31 et 32 dans une formule de proportion, un tour qui rappelle les Manuscrits de 1844 et que Debord avait déjà employé à la thèse 30 pour le spectateur. La différence est l'objet : la thèse 30 parlait de ce qu'on regarde, celle-ci de ce qu'on fait. Les deux versants de l'aliénation, contempler et produire, se rejoignent.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 34 ferme le chapitre en une ligne : le spectacle est le capital devenu image. Le chapitre VIII reprendra la question sur le terrain de la culture, et le livre entier cherche la sortie de cette proportion : une vie produite qui appartiendrait enfin à ceux qui la produisent.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.

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