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Thèse 6 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 6 de La Société du spectacle

« Sous toutes ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 6. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La thèse élargit la définition à l'échelle du système. Le spectacle y est à la fois ce que le mode de production actuel a déjà produit et ce qu'il se propose de produire encore. On aurait tort d'y voir un ornement ajouté au réel : c'est au contraire là que se concentre ce qu'une société bien réelle a d'irréel. Les formes qu'énumère la citation sont nommées pour être aussitôt dépassées : prises ensemble, elles dessinent le patron d'existence que la société propose. Elles rappellent sans cesse une décision prise ailleurs, dans la production, et la justifient ; et parce qu'elles remplissent l'essentiel du temps hors travail, cette justification ne s'absente jamais.

II D'où elle vient

L'énumération vise les objets des sciences sociales de l'époque, qui étudiaient l'information, la propagande ou les loisirs comme autant de domaines distincts. Debord, lecteur de Lukács et proche un temps d'Henri Lefebvre et de sa critique de la vie quotidienne, refuse ce découpage : ces domaines ne se comprennent qu'ensemble, comme les faces d'une même décision économique dont le spectacle organise la consommation.

III Ce qu'elle ouvre

Le mot « modèle » annonce la thèse 60 : la vedette y est la figure humaine des modèles de vie que le spectacle propose. Le chapitre VI reprendra le temps du divertissement sous le nom de temps spectaculaire.

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