Thèse 3 · chapitre I, La séparation achevée
Thèse 3 de La Société du spectacle
« Le spectacle se présente à la fois comme la société même, comme une partie de la société, et comme instrument d’unification. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 3. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
Le spectacle se donne à voir sous trois aspects contradictoires : il est la société entière, il en est une partie, et il est ce qui la tient ensemble. En tant que partie, il est le secteur qui concentre tout regard et toute conscience ; mais parce que ce secteur est séparé, il est le lieu du regard abusé et de la fausse conscience. L'unification qu'il accomplit n'est rien d'autre que le langage officiel de la séparation généralisée.
II D'où elle vient
La construction est hégélienne : une chose qui est à la fois le tout, la partie et le rapport entre les deux. Mais le sens est celui de la critique de l'État chez le jeune Marx — l'État se donne pour l'intérêt général et n'est que l'intérêt particulier d'une classe. Le spectacle est cette même prétention à l'universel, portée au niveau du visible.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 24 reprendra ce « langage officiel » : le spectacle est le discours que l'ordre présent tient sur lui-même. La thèse 29 dira comment il réunit le séparé — en tant que séparé.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 34 autres.
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