Lire·Debord
  1. Lire Debord
  2. Le Spectacle
  3. Chapitre I
  4. Thèse 12

Thèse 12 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 12 de La Société du spectacle

« Il ne dit rien de plus que « ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 12. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le spectacle se donne comme un bloc de positivité : on ne peut ni le contester ni l'atteindre. Il n'argumente pas ; tout son discours tient dans la tautologie que rapporte la citation. Ce qu'il réclame du spectateur, une adhésion passive, il l'a déjà obtenu avant de la demander, du seul fait qu'il occupe seul le terrain du visible et qu'aucune réponse ne peut lui être faite. Le spectacle n'a pas besoin d'avoir raison : il lui suffit d'être vu.

II D'où elle vient

On y reconnaît un pastiche de la formule de Hegel dans la préface des Principes de la philosophie du droit — ce qui est rationnel est réel, ce qui est réel est rationnel —, que la gauche hégélienne avait déjà lue comme une justification de l'ordre existant. Debord en fait la maxime d'un pouvoir qui n'a plus besoin de se justifier par la raison, puisqu'il se justifie par le visible.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 13 en tire le caractère tautologique du spectacle, dont les moyens et la fin se confondent. La thèse 24 nommera ce discours sans réplique un monologue élogieux.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 71 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte