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Thèse 21 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 21 de La Société du spectacle

Ce que le rêve collectif protège

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I Ce qu'elle pose

La thèse passe de la religion au sommeil. Quand une société ne peut plus vivre sa nécessité qu'en rêve, le rêve devient pour elle une nécessité : le chiasme fait tourner les deux mots l'un autour de l'autre. Le spectacle est ce rêve, et c'est un rêve pénible, celui d'une société enchaînée dont le seul vœu, au bout du compte, est de ne pas se réveiller. Il n'est donc pas ce qui l'endort : il est ce qui veille à ce qu'elle continue de dormir. Sa fonction est de protection, pas de distraction.

II D'où elle vient

Elle suit la thèse 20, qui voyait dans le spectacle l'illusion religieuse rebâtie dans la matière ; au ciel succède le rêve, autre lieu où l'on place ce qui manque à la vie. La dernière phrase détourne la formule par laquelle Freud, dans L'Interprétation des rêves, attribue au rêve la fonction de préserver le sommeil. Debord la transporte de l'individu à la société entière.

III Ce qu'elle ouvre

Freud revient au chapitre II, à la thèse 51, sur l'inconscient social que l'économie autonome a quitté. L'image d'une société qui veut dormir appelle, à l'autre bout du livre, la critique qui travaille à son réveil : la thèse 220 dira qu'elle doit savoir attendre.

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