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Thèse 11 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 11 de La Société du spectacle

Une méthode qui doit découper l'indivisible

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I Ce qu'elle pose

Une thèse sur la manière d'écrire le livre. Pour exposer le spectacle, comment il s'est formé, ce qu'il fait et ce qui pourrait le défaire, il faut séparer par l'analyse ce qui, en fait, forme bloc. Debord reconnaît le risque : découper, classer, isoler des fonctions, c'est employer les procédés mêmes de la société qu'on décrit, qui vit de la séparation. Il répond en ramenant le spectacle à ce qu'il est sous toutes ses faces : l'orientation d'ensemble d'une formation sociale, la façon dont elle dispose des heures de ceux qui y vivent. Et il en tire une conséquence pour l'auteur : on n'écrit pas depuis un dehors, on est dans l'époque qu'on critique.

II D'où elle vient

Elle suit la thèse 10, qui présentait le concept de spectacle comme ce qui rassemble des phénomènes épars ; il faut maintenant dire comment ce concept se déplie sans se trahir. L'idée que la critique est prise dans son objet rejoint la thèse 7, où la séparation fait partie de l'unité du monde. La forme en thèses numérotées, qui avance par reprises, est une réponse pratique à cette difficulté.

III Ce qu'elle ouvre

Le mot emploi du temps annonce les chapitres V et VI, où le spectacle sera décrit comme une organisation du temps vécu. L'aveu du dernier mot, être contenu dans son moment historique, sera repris à la thèse 203 : la critique elle-même doit devenir pratique pour sortir du spectacle.

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