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Thèse 20 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 20 de La Société du spectacle

« Le spectacle est la reconstruction matérielle de l’illusion religieuse. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 20. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La philosophie, en tant que pouvoir de la pensée séparée et pensée du pouvoir séparé, n'a jamais pu par elle-même dépasser la théologie. Le spectacle prend la suite : il est la reconstruction, en matériaux réels, de ce que la religion faisait en images. La technique spectaculaire n'a pas dissipé les nuages religieux où les hommes avaient placé leurs propres pouvoirs détachés d'eux ; elle les a seulement reliés à une base terrestre. C'est la vie la plus terrestre qui devient opaque et irrespirable, et qui projette son propre au-delà — non plus au ciel, mais dans le pseudo-paradis du spectacle.

II D'où elle vient

Toute la thèse dialogue avec la critique de la religion : Feuerbach, pour qui Dieu est l'homme aliéné de ses qualités, et Marx, pour qui la critique de la religion est la condition de toute critique. Debord affirme que cette critique n'est pas achevée mais à refaire : l'aliénation religieuse a changé de support sans disparaître. Le spectacle est la religion d'une société qui se croit sans religion.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 25 reprendra l'image des dieux et de la séparation ; le chapitre V, à partir de la thèse 125, décrira le temps cyclique des sociétés religieuses et sa contrefaçon spectaculaire, le temps pseudo-cyclique.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier surréalisme, avec 12 autres.

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