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Thèse 28 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 28 de La Société du spectacle

L'isolement qui se reproduit par ses propres objets

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I Ce qu'elle pose

La thèse décrit un cercle. L'économie de la séparation repose sur l'isolement des producteurs, et ce qu'elle produit isole à son tour ceux qui s'en servent. La technique naît de l'isolement et le renforce. Les deux exemples, la voiture et la télévision, ne sont pas choisis au hasard : l'une disperse les gens dans l'espace, l'autre les retient chacun chez soi devant la même image. Ces biens ne sont pas neutres, ils servent le système comme des armes. Le spectacle retrouve ainsi, de plus en plus matériellement, les conditions qu'il suppose.

II D'où elle vient

Elle prolonge les thèses 26 et 27, où la séparation du travailleur s'étendait de l'atelier au loisir ; la voici inscrite dans les objets du quotidien. Les foules solitaires, que Debord met entre guillemets, renvoient au livre du sociologue américain David Riesman, La Foule solitaire, que Debord nomme plus loin dans le livre. Il en retient l'image, pas l'analyse.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 29 dira que le spectacle réunit les isolés en tant qu'isolés. Au chapitre VII, la thèse 174 fera de l'automobile le produit-pilote qui a disloqué les villes, et la thèse 192 nommera Riesman parmi les sociologues du groupe intégré.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier urbanisme, avec 46 autres.

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