Thèse 195 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture
Thèse 195 de La Société du spectacle
Le mépris des spécialistes pour leur public
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I Ce qu'elle pose
La pensée qui organise l'apparence sociale est elle-même aveuglée par ce qu'elle protège : un régime où l'on communique peu et mal. Elle ignore que tout, dans le monde qu'elle décrit, naît de conflits, et croit donc à une harmonie qu'elle fabrique. Quant à ceux qui manient le pouvoir du spectacle, ils règnent sans partage dans un langage auquel personne ne répond. Leur position les corrompt : ils méprisent le spectateur, et ce mépris se trouve confirmé par ce qu'ils savent de lui, puisque le spectateur est bien réduit à ce qu'ils méprisent.
II D'où elle vient
On y reconnaît deux formules connues, détournées. L'idée que la lutte engendre toutes choses est celle d'Héraclite. La corruption absolue par le pouvoir absolu reprend le mot de Lord Acton. Le langage sans réponse renvoie à la thèse 24, où le spectacle est un monologue élogieux, et le spectateur méprisable à la passivité décrite à la thèse 30.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 196 distinguera les deux familles de cette pensée spécialisée. La 202 reviendra sur la communication en cascade de signaux hiérarchiques ; la 218, au dernier chapitre, fera du spectateur une conscience qui ne connaît plus que des interlocuteurs fictifs.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 25 autres.
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