Thèse 209 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture
Thèse 209 de La Société du spectacle
Le détournement fonde sa cause sur rien d'extérieur à sa propre vérité comme critique présente, et
« … cette existence du théorique n’est rien en elle-même, et n’a à se connaître qu’avec l’action historique, et la correction historique qui est sa véritable fidélité. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 209. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
Ce qui, dans la formulation théorique, se présente ouvertement comme détourné — en démentant toute autonomie durable de la sphère du théorique exprimé, en y faisant intervenir par cette violence l'action qui dérange et emporte tout ordre existant — rappelle que cette existence du théorique n'est rien en elle-même, et n'a à se connaître qu'avec l'action historique, et la correction historique qui est sa véritable fidélité. Une théorie n'est pas fidèle à elle-même quand elle se répète, mais quand elle se laisse corriger par ce qui arrive ; le détournement, en la montrant faite de morceaux empruntés, rappelle qu'elle n'est jamais finie.
II D'où elle vient
« La correction historique qui est sa véritable fidélité » est le principe que Debord appliquera à son propre livre : la Préface italienne de 1979 refuse d'en changer un mot parce que l'histoire l'a confirmé, les Commentaires de 1988 y ajoutent la troisième forme du spectacle parce que l'histoire l'a changée. La thèse 203 avait dit que la théorie n'est vraie qu'unie à la pratique ; celle-ci dit comment elle reste vraie.
III Ce qu'elle ouvre
Les thèses 210 et 211 concluent le chapitre : la négation réelle de la culture ne peut plus être culturelle, et la critique théorique unifiée va seule à la rencontre de la pratique unifiée.
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