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Thèse 207 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture

Thèse 207 de La Société du spectacle

« Les idées s’améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 207. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La thèse est elle-même ce qu'elle décrit. Ses cinq phrases courtes sont reprises, presque sans changement, aux Poésies de Lautréamont (1870), et Debord ne le signale pas : il plagie une théorie du plagiat. Ce que disent ces phrases est simple. Les idées progressent, le sens des mots bouge avec elles, et ce progrès passe par la reprise du texte d'autrui : on suit ses tournures au plus près pour y substituer une idée juste à une idée fausse. Le silence sur la source est volontaire. Le lecteur qui la reconnaît comprend la méthode, celui qui l'ignore la subit, et dans les deux cas le texte fonctionne.

II D'où elle vient

Dans les Poésies II, Lautréamont retournait les maximes de Pascal et de Vauvenargues, et théorisait son geste dans les lignes que la thèse reprend. Le détournement, dont la revue avait fait la théorie au n° 3, trouve là son ancêtre littéraire. La thèse ne cite pas, elle plagie : c'est la seule façon fidèle de rendre une théorie du plagiat.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 208 dit ce que le détournement fait à la citation ; la 188 en avait donné l'exemple le plus visible, la chouette de Hegel repeinte en couleurs éclatantes. L'abécédaire, au mot plagiat, fait de cette maxime la méthode du livre.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 71 autres.

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