Thèse 208 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture
Thèse 208 de La Société du spectacle
Le détournement, dit la thèse, est le langage fluide de l'anti-idéologie, et
« Le détournement est le contraire de la citation, de l’autorité théorique toujours falsifiée du seul fait qu’elle est devenue citation »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 208. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
Le détournement est le contraire de la citation, de l'autorité théorique toujours falsifiée du seul fait qu'elle est devenue citation — fragment arraché à son contexte, à son mouvement, et finalement à son époque comme référence globale et à l'option précise qu'elle était à l'intérieur de cette référence, exactement reconnue ou erronée. Le détournement est le langage fluide de l'anti-idéologie : il apparaît dans la communication qui sait qu'elle ne peut prétendre détenir aucune garantie en elle-même et définitivement. Il est, au point le plus haut, le langage qu'aucune référence ancienne et supra-critique ne peut confirmer.
II D'où elle vient
La thèse renverse l'usage universitaire et militant de la citation — Marx cité comme preuve, Lénine cité comme autorité — que Debord tenait pour la forme même de l'idéologie : une phrase vraie qui ne bouge plus. « Anti-idéologie » prépare le chapitre IX : l'idéologie est la pensée figée en chose, le détournement est la pensée qui refuse de se figer. C'est aussi une règle pour ce site, qui cite peu et commente beaucoup.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 209 poursuit : l'existence du théorique n'est rien en elle-même ; la 212 ouvrira le chapitre sur l'idéologie. La thèse 206 avait défini le geste ; celle-ci en fait une théorie de la vérité.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 34 autres.
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