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Thèse 194 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture

Thèse 194 de La Société du spectacle

Une science de la fausse conscience

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I Ce qu'elle pose

Le savoir qui se développe aujourd'hui comme pensée du spectacle a une fonction : légitimer une société qui n'a plus de raison à donner d'elle-même. Il tend ainsi à devenir le savoir organisé et universel de la conscience fausse. Sa limite est constitutive : il ne peut pas, et ne veut pas, réfléchir à ses propres conditions matérielles, c'est-à-dire à sa place dans le système spectaculaire qui le finance et l'emploie. Tout ce qu'il pense est déterminé par ce qu'il s'interdit de penser.

II D'où elle vient

La fausse conscience est un terme de la tradition marxiste ; la thèse 158 l'avait déjà appliqué au temps, en faisant du spectacle la fausse conscience du temps. Le reproche de ne pas penser sa base matérielle rappelle celui que L'Idéologie allemande adressait aux philosophes. La thèse 193 avait fait du savoir une marchandise ; celle-ci en tire le contenu.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 195 dira ce que les spécialistes de ce savoir pensent du spectateur ; la 196 le divisera en deux tâches. Le chapitre IX reprendra la fausse conscience sous le nom d'idéologie matérialisée, et la thèse 217 la rapprochera, avec Joseph Gabel, de la pathologie mentale.

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