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Thèse 210 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture

Thèse 210 de La Société du spectacle

« La négation réelle de la culture est seule à en conserver le sens. Elle ne peut plus être culturelle. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 210. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Trois phrases, et le paradoxe de tout le chapitre. Défendre la culture comme culture, c'est la trahir ; la nier dans les faits est la seule façon de garder ce qu'elle voulait dire. Mais cette négation n'est plus une œuvre, un style ou une école : elle sort du domaine culturel. Elle reste pourtant, d'une certaine façon, ce qui subsiste de la culture, en un sens tout autre. L'art ne se sauve qu'en se niant, et sa négation véritable — la situation construite, la révolution de la vie quotidienne — n'est plus de l'art. Le sens qu'elle conserve est celui que l'art avait toujours porté : dire ce que la vie pourrait être.

II D'où elle vient

L'exergue du chapitre vient d'une lettre de Ruge à Marx (mars 1843) : le chapitre s'ouvre sur la correspondance des jeunes hégéliens et finit sur leur problème, que faire d'une sphère qu'on ne peut ni garder ni abolir séparément. Le mouvement est celui de la thèse 191 : on ne supprime la culture qu'en la réalisant. Les définitions du n° 1 de la revue le disaient déjà pour les arts : l'entrée « détournement » refuse qu'il y ait une peinture ou une musique situationniste, et parle d'un usage situationniste de ces moyens.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 211 ferme le chapitre : seule une critique théorique rassemblée peut rejoindre une pratique elle-même unifiée. Le chapitre IX, dès la thèse 212, traitera de ce que devient une pensée quand elle ne se nie plus : l'idéologie.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier idéologie, avec 67 autres.

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