Thèse 210 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture
Thèse 210 de La Société du spectacle
« La négation réelle de la culture est seule à en conserver le sens. Elle ne peut plus être culturelle. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 210. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
La négation réelle de la culture est seule à en conserver le sens. Elle ne peut plus être culturelle. Ainsi elle est ce qui reste, en quelque manière, au niveau de la culture, mais en un tout autre sens. Le paradoxe est celui de tout le chapitre : l'art ne se sauve qu'en se niant, et sa négation véritable — la situation construite, la révolution de la vie quotidienne — n'est plus de l'art. Quiconque veut encore sauver la culture comme culture la condamne ; quiconque la nie en acte lui garde son sens, qui était de dire ce que la vie pourrait être.
II D'où elle vient
La formule inverse celle de Ruge à Marx, mise en exergue du chapitre — les philosophes qui veulent conserver la philosophie en la réalisant. Elle reprend aussi la thèse de 1957 du Rapport : les situationnistes ne font pas d'art situationniste, mais un usage situationniste des arts, comme le disait l'entrée « détournement » des définitions du n° 1 de la revue.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 211 ferme le chapitre : c'est la critique théorique unifiée qui va seule à la rencontre de la pratique sociale unifiée. Le chapitre IX, dès la thèse 212, traitera de ce que devient une pensée quand elle ne se nie plus — l'idéologie.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier unité, avec 22 autres.
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