Thèse 203 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture
Thèse 203 de La Société du spectacle
« Car il est évident qu’aucune idée ne peut mener au delà du spectacle existant, mais seulement au delà des idées existantes sur le spectacle. Pour détruire effectivement la société du spectacle, il faut des hommes mettant en action une force pratique. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 203. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
La thèse qui dit ce qu'est le livre lui-même. Le concept critique de spectacle peut être vulgarisé en une quelconque formule creuse de la rhétorique sociologico-politique, pour expliquer et dénoncer abstraitement tout, et servir ainsi à la défense du système spectaculaire. Car il est évident qu'aucune idée ne peut mener au-delà du spectacle existant, mais seulement au-delà des idées existantes sur le spectacle. Pour détruire effectivement la société du spectacle, il faut des hommes mettant en action une force pratique ; la théorie critique du spectacle n'est vraie qu'en s'unifiant au courant pratique de la négation dans la société.
II D'où elle vient
C'est la onzième thèse sur Feuerbach — les philosophes ont interprété le monde, il s'agit de le transformer — appliquée par Debord à son propre concept, et par avance à sa propre récupération : la thèse prévoit que « spectacle » deviendra un mot de sociologue et de journaliste, et elle dit que ce mot-là ne vaut rien. La Préface italienne de 1979 dira que la théorie s'est vérifiée dans les faits, et les Commentaires de 1988 que le mot a bien été vulgarisé.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 204 décrit le style de la négation qu'exige cette théorie ; la 209 dira que l'existence du théorique n'est rien en elle-même et n'a à se connaître qu'avec l'action historique ; la 211 conclura sur la critique théorique unifiée qui va à la rencontre de la pratique unifiée.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier unité, avec 22 autres.
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