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Thèse 191 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture

Thèse 191 de La Société du spectacle

« Le dadaïsme a voulu supprimer l’art sans le réaliser ; et le surréalisme a voulu réaliser l’art sans le supprimer. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 191. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La thèse la plus citée du chapitre fait le bilan des deux dernières avant-gardes. Dada et le surréalisme ont clos l'art moderne ; ils ont eu lieu, sans en avoir pleinement conscience, au moment du dernier grand élan du mouvement ouvrier révolutionnaire, et c'est la défaite de ce mouvement qui les a figés : ils sont restés prisonniers du domaine artistique dont ils avaient annoncé la fin. Ils s'opposent l'un à l'autre, et c'est dans cette opposition que chacun a donné le meilleur de lui-même — mais aussi qu'apparaît leur limite commune, puisque chacun n'a mené la critique que d'un côté. Les situationnistes, dit la thèse pour finir, ont montré qu'il faut accomplir les deux gestes ensemble.

II D'où elle vient

La formule calque celle de Marx sur la philosophie, dans l'introduction à la Critique de la philosophie du droit de Hegel : on ne peut supprimer la philosophie sans la réaliser, ni la réaliser sans la supprimer. La thèse 19 avait déjà retourné ce programme contre le spectacle. Ici, il règle le compte des deux avant-gardes dont l'Internationale situationniste se voulait l'héritière et la dépasseuse ; le n° 1 de la revue s'ouvrait déjà sur Amère victoire du surréalisme.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 192 décrit ce que le spectacle a fait de leurs négations : une répétition récupérée, la communication de ce qui ne se communique pas. La thèse 210 dira que seule une négation réelle garde le sens de la culture, et qu'elle a cessé d'être culturelle.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 71 autres.

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