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Thèse 184 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture

Thèse 184 de La Société du spectacle

« La fin de l’histoire de la culture se manifeste par deux côtés opposés : le projet de son dépassement dans l’histoire totale, et l’organisation de son maintien en tant qu’objet mort, dans la contemplation spectaculaire. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 184. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La fin de l'histoire de la culture se manifeste par deux côtés opposés : le projet de son dépassement dans l'histoire totale, et l'organisation de son maintien en tant qu'objet mort, dans la contemplation spectaculaire. Le premier mouvement a lié son sort à la critique sociale — c'est celui des avant-gardes qui voulaient réaliser l'art dans la vie ; le second, à la défense du pouvoir de classe — c'est le musée, l'université, le patrimoine, le marché de l'art. La culture ne peut plus être qu'une chose ou l'autre : un projet ou une conservation.

II D'où elle vient

La « fin de l'histoire de la culture » fait écho à la fin de l'histoire de Hegel et de Kojève, déplacée sur l'art : ce qui est fini, ce n'est pas la production d'œuvres, c'est la possibilité pour la culture d'avoir une histoire propre. L'alternative recoupe celle du Rapport de 1957 entre les avant-gardes qui construisent et celles qui répètent — la décomposition, définie dans le n° 1 de la revue.

III Ce qu'elle ouvre

Les thèses 185 et 186 développent chacun des deux côtés ; la 187 dira ce qu'exprime la décomposition de tout art ; la 192 décrira la consommation spectaculaire qui conserve l'ancienne culture congelée.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier unité, avec 22 autres.

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