Thèse 198 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture
Thèse 198 de La Société du spectacle
Le gaspillage, gardien de l'économie
Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 198.
I Ce qu'elle pose
Premier exemple de la critique réformiste : on dénonce l'absurdité ou le danger du gaspillage organisé dans la société d'abondance, au nom d'une économie rationnelle. Debord répond que le gaspillage n'est pas un accident : c'est l'irrationnel qui fait tenir cette rationalité économique, et la condamner, c'est méconnaître ce qu'on lui doit. Puis il passe à Boorstin, dont L'Image décrit la consommation des images aux États-Unis sans jamais s'élever jusqu'au concept, parce qu'il veut sauver une vie privée et une marchandise honnête, sans voir que la marchandise produit à la fois la vie privée et sa reprise par la consommation d'images.
II D'où elle vient
L'argument sur le gaspillage prolonge la thèse 47 sur la survie augmentée et la baisse de la valeur d'usage, que la marchandise subordonne à son propre mouvement. La thèse 197 avait décrit la sociologie qui voit le négatif en surface ; le gaspillage est ce négatif-là. Boorstin est pris ici au sérieux parce que sa description est juste et son explication fausse.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 199 dira pourquoi Boorstin ne peut pas comprendre : il place la vie véritable dans le passé. La 200 lui reprochera d'isoler les techniques de diffusion, et d'en faire la cause du spectacle.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte