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Thèse 190 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture

Thèse 190 de La Société du spectacle

« Cet art est forcément d’avant-garde, et il n’est pas. Son avant-garde est sa disparition. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 190. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

L'art à l'époque de sa dissolution — en tant qu'art du changement, c'est-à-dire art de la négation qui doit se détruire dans la culture — est à la fois un art du changement et l'expression pure du changement impossible. Plus son exigence est grandiose, plus sa véritable réalisation est hors de lui : cet art est forcément d'avant-garde, et il n'est pas. Son avant-garde est sa disparition. La formule tient en une ligne le paradoxe de tout le siècle : l'art le plus avancé est celui qui travaille à sa propre fin, et il ne s'accomplit qu'en cessant d'être de l'art.

II D'où elle vient

La thèse est la réponse de Debord à la question qu'on lui posait depuis 1952 : que reste-t-il à l'art ? Rien, sinon de disparaître dans la vie — c'est le programme de Hurlements en faveur de Sade, film sans images, et du Rapport de 1957. « Cet art est forcément d'avant-garde, et il n'est pas » est un tour hégélien pour dire une contradiction réelle, pas un jeu de mots.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 191 nomme les deux avant-gardes qui ont voulu ce dépassement et l'ont manqué chacune d'un côté ; la 192 décrira ce qui arrive à l'avant-garde quand le spectacle la conserve : la répétition récupérée de ses manifestations négatives.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 34 autres.

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