Lire·Debord
  1. Lire Debord
  2. Le Spectacle
  3. Chapitre VIII
  4. Thèse 189

Thèse 189 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture

Thèse 189 de La Société du spectacle

« Le baroque est l’art d’un monde qui a perdu son centre : le dernier ordre mythique reconnu par le moyen âge, dans le cosmos et le gouvernement terrestre – l’unité de la Chrétienté et le fantôme d’un Empire – est tombé. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 189. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le baroque est l'art d'un monde qui a perdu son centre : le dernier ordre mythique reconnu par le Moyen Âge, dans le cosmos et le gouvernement terrestre — l'unité de la Chrétienté et le fantôme d'un Empire — est tombé. L'art du changement doit porter en lui le principe éphémère qu'il découvre dans le monde ; il a choisi, dit Debord, « la vie contre l'éternité ». Le baroque est ainsi le premier art historique, celui qui sait que rien ne dure, et le théâtre et la fête baroques, où toute expression particulière ne prend son sens que par référence au décor d'un lieu construit, sont l'ancêtre de ce que les situationnistes ont voulu faire.

II D'où elle vient

La lecture du baroque vient d'Eugenio d'Ors et surtout de la théorie du théâtre baroque comme totalité — musique, architecture, fête — que Debord tenait pour la seule expérience historique d'un art de la situation. La revue en avait parlé dès ses premiers numéros ; le mot « décor d'un lieu construit » est celui de la situation construite, définie au n° 1.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 190 dira que l'art de l'époque présente est forcément d'avant-garde ; la 191 que dada et le surréalisme ont été les deux moitiés d'un même dépassement manqué.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier unité, avec 22 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte