Thèse 80 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 80 de La Société du spectacle
Ce que Marx renverse vraiment chez Hegel
Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 80.
I Ce qu'elle pose
Contre la lecture courante, Debord soutient que Marx n'a pas simplement mis la croissance matérielle à la place de l'Esprit qui se retrouve lui-même au terme de son parcours. Ce qu'il a détruit, c'est la position du spectateur : celle de Hegel devant les événements, et toute contemplation d'une puissance extérieure qui mènerait l'histoire. Une histoire réelle n'a pas de terme, et une théorie ne connaît plus que ce qu'elle fait. La pensée dominante d'aujourd'hui, qui contemple l'économie et s'en émerveille, est l'héritière du côté non dialectique de Hegel, sans même avoir besoin de lui. Le projet de Marx est une histoire devenue consciente, où l'accumulation aveugle doit se changer en appropriation.
II D'où elle vient
La thèse prolonge la thèse 76 sur la position extérieure du philosophe. La fin de la préhistoire humaine est une formule de Marx, dans la préface de 1859 à sa Contribution. La phrase finale, sur la classe révolutionnaire comme plus grande force productive, est de Marx, dans Misère de la philosophie.
III Ce qu'elle ouvre
La contemplation de l'économie décrite ici est le spectacle même ; la thèse 40 avait déjà fait du développement productif une histoire qui s'ignore. Les thèses 81 à 84 examineront comment le marxisme est retombé dans cette contemplation. L'histoire consciente, enfin, est l'objet du chapitre V, qui s'ouvre à la thèse 125.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier science, avec 23 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte