Thèse 81 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 81 de La Société du spectacle
Une science de la lutte, pas de la loi
Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 81.
I Ce qu'elle pose
Qu'est-ce qui rapproche Marx des sciences ? La volonté de comprendre rationnellement les forces qui agissent réellement dans une société. Mais Debord ajoute aussitôt que sa théorie dépasse la démarche scientifique, qu'elle ne garde qu'en la transformant. Une science cherche des régularités qui se répètent ; la théorie de Marx cherche à comprendre un affrontement dont l'issue n'est pas écrite. L'objet n'est pas une loi qu'on observe mais une lutte qu'on mène. La thèse s'appuie sur une phrase de L'Idéologie allemande qui ne reconnaît qu'une science, celle de l'histoire.
II D'où elle vient
Elle découle de la thèse 80 : si la théorie ne connaît que ce qu'elle fait, elle ne peut être une science de lois extérieures à ses acteurs. La référence à L'Idéologie allemande est donnée par la thèse elle-même. L'idée de conserver en dépassant est la notion hégélienne de dépassement, qui garde ce qu'elle supprime.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 82 montre ce que la bourgeoisie fait de la science de l'histoire ; la thèse 83 applique le même critère aux socialistes utopiques, la thèse 84 au marxisme devenu déterministe. La comparaison entre loi et lutte est la clef de toute la séquence jusqu'à la thèse 95.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier science, avec 23 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte