Thèse 94 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 94 de La Société du spectacle
L'Espagne de 1936, sommet et limite de l'anarchisme
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I Ce qu'elle pose
L'anarchisme croit à une révolution toujours imminente, qui lui donnera raison d'un seul coup, lui et son organisation. Debord lui reconnaît pourtant un fait sans équivalent : en 1936, il a conduit une révolution sociale et esquissé le pouvoir prolétarien le plus avancé de l'histoire. Mais il relève deux limites. Le signal est venu d'ailleurs, du soulèvement militaire. Et quand la révolution ne s'est pas achevée en quelques jours, face à un camp franquiste soutenu de l'étranger, dans un mouvement ouvrier international déjà vaincu, et avec des forces bourgeoises et des partis étatistes dans son propre camp, le mouvement organisé n'a su ni étendre ni même défendre ses conquêtes. Ses dirigeants sont entrés au gouvernement, otages d'un État qui défaisait la révolution.
II D'où elle vient
Elle donne l'épreuve historique des thèses 92 et 93 : l'imminence permanente, et l'organisation qui en dérive. Le pronunciamiento est le soulèvement militaire de juillet 1936 ; les ministres anarchistes sont les dirigeants de la CNT entrés au gouvernement républicain à l'automne de la même année. Le jugement de Debord rejoint la thèse 91 : partout, le résultat différa de ce qui était voulu.
III Ce qu'elle ouvre
Les conseils, dont l'Espagne de 1936 fut une ébauche, seront au centre des thèses 116 à 118. La thèse 95 passe à l'autre idéologie née de la querelle de l'Internationale, le marxisme orthodoxe de la social-démocratie ; la thèse 109 dira l'anéantissement du mouvement ouvrier entre les deux guerres.
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