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Thèse 95 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation

Thèse 95 de La Société du spectacle

Le marxisme orthodoxe, science qui regarde passer l'histoire

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I Ce qu'elle pose

La Deuxième Internationale a fait du marxisme une idéologie scientifique : sa vérité résiderait dans le processus économique objectif et dans la reconnaissance progressive de cette nécessité par des ouvriers instruits par le parti. Elle retrouve ainsi la foi des utopistes dans la démonstration, en y ajoutant la contemplation du cours de l'histoire. Elle a perdu à la fois l'histoire totale de Hegel et l'image critique, immobile mais entière, que les utopistes, Fourier surtout, opposaient au présent. Séparer nécessité et engagement conduit fatalement à chercher l'engagement dans une morale ; Hilferding le dit en toutes lettres. Pour Marx, la pensée de l'histoire était déjà une conduite pratique : l'oublier, c'est subir la pratique qu'on a choisie sans la penser.

II D'où elle vient

Elle rassemble les thèses 83 (les utopistes et la démonstration) et 84 (le déterminisme). Le marxisme orthodoxe est celui de la social-démocratie allemande d'avant 1914, dont Kautsky, nommé plus loin à la thèse 98, était le docteur. Hilferding est cité d'après Le Capital financier, que la thèse nomme.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 96 montrera la pratique qui correspondait à cette théorie, l'organisation qui éduque et le réformisme de fait. La thèse 98 verra dans Lénine le disciple conséquent de ce marxisme orthodoxe, appliqué aux conditions russes.

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