Lire·Debord
  1. Lire Debord
  2. Le Spectacle
  3. Chapitre IV
  4. Thèse 93

Thèse 93 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation

Thèse 93 de La Société du spectacle

Quand l'anarchisme reproduit ce qu'il combat

Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 93.

I Ce qu'elle pose

Ce que l'anarchisme reproche au mouvement ouvrier, il le reproduit chez lui. Parce qu'il se définit par une conviction, il laisse se former en son sein une domination sans nom, celle des propagandistes qui gardent la doctrine, d'autant plus médiocres qu'ils se bornent à répéter quelques certitudes. L'exigence de l'unanimité, loin d'empêcher le pouvoir, protège une autorité que rien ne contrôle ; et l'anarchisme espère obtenir de la société délivrée le même accord, obtenu de la même façon. Enfin, faute de distinguer une minorité en lutte d'une société d'individus libres, il se sépare de tous au moment de décider ensemble, et ses insurrections restent locales.

II D'où elle vient

Elle applique à l'organisation anarchiste la critique de la thèse 92 : une conclusion tenue pour acquise produit des gardiens de cette conclusion. La séparation des compétences qu'elle retrouve chez les anarchistes est celle que le livre place à l'origine du spectacle, la spécialisation du pouvoir de la thèse 23. Les insurrections locales écrasées en Espagne visent l'histoire de l'anarchisme espagnol avant 1936.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 94 prendra le seul cas où l'anarchisme a réellement mené une révolution, l'Espagne de 1936. La question d'une organisation qui ne reproduise pas en elle la séparation qu'elle combat sera reprise, pour l'organisation révolutionnaire, aux thèses 119 à 121.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier conseils, avec 42 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte