Thèse 92 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 92 de La Société du spectacle
L'anarchisme : tout le but, aucune méthode
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I Ce qu'elle pose
Ce qui fait la force de l'anarchisme réel, collectiviste (Debord écarte d'un mot sa version individualiste), et ce qui le perd tiennent au même trait : tenir le but de la révolution pour immédiatement présent. De la théorie historique des luttes de classes, il garde la conclusion et méprise le chemin. Sa critique de la politique reste abstraite, et son choix du terrain économique se fonde sur l'espoir d'un seul jour décisif, grève générale ou insurrection. Il nie l'État et les classes, mais encore sur le mode de l'idéal. Son mérite réel : refuser la société en entier, et non depuis une spécialité. Son défaut : une totalité posée d'avance, qu'il ne peut que répéter à chaque lutte, comme si les formes de sa réalisation étaient trouvées une fois pour toutes.
II D'où elle vient
Elle découle de la thèse 91, où anarchistes et marxistes perdaient chacun une moitié de la vérité. Le mot de Bakounine qui clôt la thèse date de 1873, quand il se retire de la Fédération jurassienne : il y juge que le temps des idées est passé. Debord y reconnaît l'exigence juste que les idées deviennent pratiques, et l'erreur de croire les moyens déjà trouvés.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 93 montrera ce que ce rapport à l'idéologie produit dans l'organisation anarchiste, la thèse 94 ce qu'il a donné en Espagne. Le refus de la vie entière, sans spécialisation critique, annonce la critique unitaire que la thèse 121 exige de l'organisation révolutionnaire.
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