Thèse 75 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 75 de La Société du spectacle
Deux fleuves nés ensemble : luttes de classes et dialectique
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I Ce qu'elle pose
Thèse brève, qui noue deux histoires qu'on raconte d'habitude séparément. Les luttes de classes de l'âge ouvert par la montée bourgeoise, d'un côté, et la pensée dialectique, de l'autre, ne sont pas deux phénomènes dont l'un causerait l'autre : ils forment un seul mouvement. La dialectique y est définie par ce qu'elle cesse de faire — chercher ce que l'être signifie une fois pour toutes — et par ce qu'elle fait à la place : saisir comment tout ce qui existe se défait. Pensée du passage, elle abolit dans le mouvement les séparations que la pensée immobile maintenait.
II D'où elle vient
Elle rassemble la thèse 73 (tout devient historique) et la thèse 74 (le sujet de l'histoire). La pensée qui connaît la dissolution de toute chose rappelle la façon dont Marx caractérise la dialectique de Hegel dans la postface du Capital : ce qui, dans l'intelligence de l'existant, comprend aussi sa disparition. Le vocabulaire de l'étant et de son sens désigne la métaphysique, dont la dialectique se détourne.
III Ce qu'elle ouvre
Elle ouvre la séquence sur Hegel (thèse 76) et sur ce que Marx en fait (thèses 79 et 80). Le lien entre dialectique et lutte, posé ici comme un fait d'époque, deviendra la condition de vérité de la théorie : quand le marxisme perdra la dialectique, il perdra aussi la lutte (thèse 84).
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