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Thèse 90 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation

Thèse 90 de La Société du spectacle

L'organisation, question que la théorie a laissée vide

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I Ce qu'elle pose

La thèse déplace le problème vers ce qui le résout : l'organisation. Connaissance et action ne se garantissent l'une l'autre que dans la lutte réelle. Que le prolétariat devienne sujet, cela veut dire qu'il organise ses luttes, puis la société elle-même quand la révolution éclate ; la conscience y trouve alors ses conditions pratiques. Or c'est précisément ce point que la théorie a le moins pensé quand le mouvement ouvrier se formait, et elle y a accepté des méthodes hiérarchiques et étatiques héritées de la bourgeoisie. Les organisations nées de ce renoncement ont ensuite étouffé les formes que les ouvriers inventaient d'eux-mêmes, alors que ces formes étaient justement le terrain qui faisait défaut à la théorie.

II D'où elle vient

Elle prolonge la thèse 89 sur la fusion de la science et de la prise de parti, et la thèse 85 sur l'organisation devenue obstacle. Les deux exemples finaux sont historiques : le soviet, apparu en Russie sans avoir été prévu par aucun théoricien, et l'Association internationale des travailleurs, fondée à Londres en 1864, dont Debord juge que l'existence même valait plus que ses doctrines.

III Ce qu'elle ouvre

L'Internationale est l'objet de la thèse 91 et de la querelle qui la brise. Les formes surgies de la lutte spontanée seront nommées aux thèses 116 et 117 : les conseils ouvriers. Et la question de l'organisation révolutionnaire occupe les thèses 119 à 121.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier conseils, avec 42 autres.

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