Thèse 83 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 83 de La Société du spectacle
Pourquoi les utopistes sont utopiques
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I Ce qu'elle pose
Debord corrige un jugement reçu. Les socialistes utopiques ne le sont pas parce qu'ils manqueraient de science ; ils en ont trop, au sens où ils sont entièrement gouvernés par la science des siècles précédents. Ce qu'ils refusent, c'est l'histoire : la lutte en cours, et le temps qui continuerait après leur société parfaite. Ils comptent sur la force de la preuve pour convaincre, jusqu'à rêver, chez les saint-simoniens, d'un gouvernement des savants. Il leur échappe que des groupes ont des intérêts à défendre, les moyens de le faire et les illusions qui vont avec, et que la science elle-même est orientée par cette demande sociale. Leur modèle est l'astronomie : une harmonie fixe, sans histoire.
II D'où elle vient
La thèse reprend l'opposition de la thèse 82 entre connaître l'histoire et la faire. Elle s'appuie sur deux auteurs qu'elle nomme : Sombart, qui résume le paradoxe d'une lutte pour ce qui devrait se démontrer ; Sorel, qui compare la science sociale des utopistes à l'astronomie ; et elle finit sur une phrase d'un livre du même Sorel, les Matériaux, d'où vient le rapprochement avec l'inertie en mécanique.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 84 montrera le même culte de la démonstration dans le marxisme devenu doctrine ; la thèse 95 dira que la Deuxième Internationale a retrouvé la confiance pédagogique des utopistes. La société heureuse sans histoire annonce aussi le temps figé que décrit le chapitre VI.
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