Thèse 102 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 102 de La Société du spectacle
Le parti devenu propriétaire de ceux qu'il représente
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I Ce qu'elle pose
La forme bolchevique est née d'un double retard : celui de la Russie et celui des ouvriers d'Occident qui avaient renoncé à la lutte révolutionnaire. En Russie, elle a trouvé toutes les conditions de la contre-révolution qu'elle portait en germe ; et l'abstention du mouvement européen aux années décisives, qui a laissé écraser ses minorités radicales, a permis au résultat de passer pour la seule réponse ouvrière. En s'emparant du monopole de parler et de défendre au nom des ouvriers, le parti est devenu ce qu'il était déjà : le possesseur du prolétariat, qui supprime pour l'essentiel les formes antérieures de propriété.
II D'où elle vient
La thèse réunit les thèses 98 et 99 (le parti des révolutionnaires professionnels, son modèle étendu au monde) et la défaite allemande de la thèse 97. La formule latine au cœur de la thèse, venue d'une fable d'Ésope, avait été reprise par Hegel puis par Marx : c'est le moment où il faut sauter, et où le mouvement européen ne l'a pas fait.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 103 en fera l'histoire précise, de 1917 à Cronstadt ; la thèse 104 nommera la classe ainsi née, la bureaucratie qui possède un capitalisme d'État. La notion de propriété collective et cachée reviendra dans la thèse 107.
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