Thèse 112 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation
Thèse 112 de La Société du spectacle
Trotsky et Lukács, deux fidélités au parti
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I Ce qu'elle pose
Ce qui survit de l'illusion léniniste se trouve chez les trotskistes, qui gardent intacte l'idée d'un projet ouvrier confié à une organisation hiérarchique, malgré tout ce qu'elle a produit. Trotsky lui-même est resté lié à la haute bureaucratie jusqu'en 1927 et n'a jamais admis qu'elle formait une classe distincte, parce qu'il tenait à la forme bolchevique. Lukács, en 1923, a décrit ce parti comme la médiation enfin trouvée entre théorie et pratique, où les ouvriers cessaient d'être spectateurs : il prêtait au parti réel ce qu'il n'était pas. Sa soumission ultérieure donne la mesure d'une règle que Debord étend à tous les intellectuels du siècle : on vaut ce que l'on respecte.
II D'où elle vient
Tous les noms sont dans le texte : Trotsky, Max Eastman et le testament de Lénine, Lukács et Histoire et conscience de classe. Le jugement sur Lukács est d'autant plus net que Debord lui doit beaucoup, à commencer par l'exergue du chapitre II ; on lui rapporte souvent aussi l'idée du prolétariat comme classe de la conscience (thèse 88). La thèse prolonge les thèses 102 et 103 sur le parti devenu propriétaire.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 113 suivra le néo-léninisme dans les pays décolonisés, son terrain privilégié. Le mot de spectateurs appliqué au parti prépare les thèses 116 et 117 : seuls les conseils mettent fin à la contemplation dans l'organisation même.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier conseils, avec 42 autres.
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