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Thèse 87 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation

Thèse 87 de La Société du spectacle

Critiquant la lecture linéaire de l'histoire chez les marxistes, Debord relève que

« Le schéma linéaire perd de vue d’abord ce fait que la bourgeoisie est la seule classe révolutionnaire qui ait jamais vaincu »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 87. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La faiblesse de la théorie de Marx est, dit Debord, celle de la lutte révolutionnaire de son temps ; et son ambiguïté est celle de sa forme scientifique. Le schéma linéaire de l'histoire — les modes de production qui se succèdent nécessairement — perd de vue d'abord ce fait que la bourgeoisie est la seule classe révolutionnaire qui ait jamais vaincu ; et en même temps la seule pour qui le développement de l'économie a été la cause et la conséquence de sa mainmise sur la société. Le prolétariat ne peut pas suivre cet exemple : il n'a pas d'économie à faire croître, il a une vie à reprendre.

II D'où elle vient

C'est la critique du marxisme comme science déterministe, celle que Lukács, Korsch et Socialisme ou Barbarie avaient menée avant Debord : le marxisme de la Deuxième puis de la Troisième Internationale a cru que le socialisme viendrait comme le capitalisme était venu, par le développement des forces productives. Debord montre que cette croyance copie le modèle bourgeois, et que c'est pour cela que les révolutions dirigées par ce marxisme ont produit des économies, pas des libertés.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 88 en tire la conséquence : la bourgeoisie est la classe de l'économie, le prolétariat ne peut être que la classe de la conscience. Les thèses 100 à 113 raconteront ce que la fidélité au schéma linéaire a donné en Russie.

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